Djibouto:Transports en commun-Chauffeur de bus, un métier à risque

De tous les métiers pratiqués dans notre pays, celui de chauffeur de bus est de loin celui qui représente le plus de risques pour le personnel et la société.

En effet, malgré le poids et l’utilité  qu’il représente dans le transport public,  ce secteur professionnel est mal organisé  et se trouve sans force syndicale. Car, contrairement à ce que beaucoup pensent,  le seul  syndicat de transport en commun est exclusif aux propriétaires de bus et de minibus.

Ainsi les chauffeurs de bus évoluent aujourd’hui dans un milieu professionnel aléatoire et sans  garantie d’emploi.  En outre, les horaires et les conditions de travail sont calamiteux et transgressent toutes les mesures de sécurité  relatives à cette profession.

Voici en quoi se résume au quotidien le métier de chauffeur de bus : un travail de 7 jours sur 7 et des horaires sans interruption de 18 heures au volant, sans une journée  de repos ni de congé. Le constat en est qu’il passe plus de trois-quarts de sa vie professionnelle dans le bus et restant ainsi coupé  de la société et de toute bonne relation de vie familiale.

En plus, par manque d’information ou de lassitude, la majorité d’entre eux ne bénéficie ni de couverture sociale ou sanitaire malgré une prise en charge initiée par la caisse nationale de la sécurité sociale depuis 2 ans pour les professions libérales.

Dès lors, confronté a lui-même, le chauffeur djiboutien est obligé de tenir ce rythme d’enfer  et reste en proie à la fatigue et au manque de sommeil qui fragilise inexorablement sa santé et sa condition physique.

Alors,  pour tenir ce train d’enfer, le chauffeur djiboutien s’adonne au khat et autre dopant disponible sur le marché et  devient ainsi un automate ambulant mettant  sa vie et  celles de ses passagers en danger de mort.

Ces conditions pénibles  et cet avenir sans lendemain réduisent considérablement la carrière professionnelle de ce dernier qui ne dépasse guère plus de 15 ans. Un métier peu enviable dans  les conditions actuelles.

Par  ailleurs, ce secteur assure  plus de 80 pour cent du transport publique et les dangers de la circulation routière augmentent avec la période de rentrée scolaire où les chauffeurs de bus se transforment en chauffards et rivalisent en matière de vitesse sur les routes avec des passagers bondés.

Compte tenu de l’importance que représente le transport en commun pour la société et afin de prévenir  tout risque  lié à la circulation routière, il est primordial de procéder à une structuration de ce secteur qui relève de l’intérêt général et de la sécurité publique.

Par conséquent, un sursaut et un changement d’orientation  s’imposent dans la mentalité de ces chauffeurs de bus qui semblent se complaire dans leur état chaotique et de s’organiser sous l’égide d’un syndicat professionnel pour défendre leurs intérêts et d’engager des pourparlers avec le ministère du travail et celui du transport afin de préparer un statut digne de leur métier.

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